L’arbitrage et la Science

Fabrice Dosseville, Chercheur spécialisé dans la prise de décision au niveau de l’arbitrage

Co-auteur avec Sylvain Laborde du livre « Les Facettes de l’arbitrage« 

Fabrice Dosseville, un autre regard sur l’arbitrage

Pour arbitre-football. com, il est avant tout un œil curieux tout en étant expert,  celui qui affûte ses observations, distille ses expériences sur toutes les facettes de l’arbitrage. Il, c’est Fabrice Dosseville (40 ans),  enseignant-chercheur en Staps à l’Université de Caen  Basse-Normandie qui interviendra régulièrement, dans la partie Sciences d’arbitre-football.com.  Pour information, cet homme est un passionné de l’arbitre et de l’arbitrage.

 

Arbitrer c’est fatiguant !
Que fait l’arbitre de football sur le terrain ? Voilà une question qui peut sembler simpliste et qui pourtant cache bien des choses…
L’art ou la science de l’arbitrage ?
Tout est parti d’un Bref Report publié en 2001. Henning Plessner et Tilmann Betsch, deux chercheurs allemands.
Pourquoi les arbitres devraient se voir accorder plus d’indulgence
L’arbitrage en football masculin est peut-être le plus difficile qui soit.

Fabrice Dosseville, un autre regard sur l’arbitrage

Pour arbitre-football. com, il est avant tout un œil curieux tout en étant expert,  celui qui affûte ses observations, distille ses expériences sur toutes les facettes de l’arbitrage. Il, c’est Fabrice Dosseville (40 ans),  enseignant-chercheur en Staps à l’Université de Caen  Basse-Normandie qui interviendra régulièrement, dans la partie Sciences d’arbitre-football.com.  Pour information, cet homme est un passionné de l’arbitre et de l’arbitrage.

L’arbitre devient central

« Je travaille sur les facteurs qui améliorent ou déterminent la prise de décisions, sur les dimensions psychologiques, physiologiques et émotionnelles. Par exemple, quand un arbitre assiste à une action forte, il ressent une bouffée émotionnelle et ralentit son déplacement et sa fréquence cardiaque » soutient Fabrice Dosseville, co-auteur, avec Sylvain Laborde, de l’ouvrage « Les facettes de l’arbitrage » aux éditions Publibook.
Et pour un arbitre de football ? « Il faut une bonne condition physique. Il parcourt une moyenne de 10 kilomètres à chaque match, effectue  plus de 1 000 changements de direction, et 20 % de son activité concerne des pas chassés ou de la marche arrière. Il perd de 2 à 4 % de sa masse corporelle d’où des conséquences sur le plan cognitif et donc sur la prise de décision.  »

A chaque match donc, l’arbitre doit visualiser chaque action, tout en bénéficiant de bonnes dispositions physiques devant 22 acteurs.  Et pas seulement.
« Dans le domaine des sciences du sport, les recherches s’orientaient vers les athlètes, ensuite vers les entraîneurs.  Puis, on s’est intéressé aux arbitres. Dans les années 90, on s’occupait de la gestion du stress, dans les années 2000, on est plus dans la préparation physique et en même temps sur  la prise de décision. Maintenant, l’approche est pluridisciplinaire avec à la fois l’aspect psychologique et physiologique qui rentre en ligne de compte. Mais une démarche transdisciplinaire commence à se développer, l’arbitre devient central pour comprendre qui il est».

Développer la communication

Un autre axe paraît primordial pour améliorer les échanges entre l’arbitre et son environnement, la communication.  «Très peu de travaux existent sur les liens entre l’arbitre, le public, les dirigeants, les joueurs. Mais le contact est primordial, à commencer par saluer l’ensemble des acteurs avant la rencontre. » Une nécessité qui passe au préalable par davantage de formation, d’encadrement tout en sollicitant les jeunes à diriger et encadrer des matchs.        « Les arbitres qui continuent ? Ce sont les passionnés. Mais il faut travailler clairement sur la communication pour motiver, interagir sur le terrain et en dehors. » Autrement dit donner différents outils pour guider et accompagner les arbitres.

Mais Fabrice Dosseville était bien loin de penser à l’arbitrage avant de vivre deux situations bien précises et décisives : « Un jour, j’ai subi une énorme erreur d’arbitrage en demi-finale du championnat de France scolaire de judo qui m’a privé de finale. Quelques années plus tard, ce fut mon tour d’arbitrer un ami lors d’un combat de judo. Je pensais  être un très bon arbitre. Mon ami  fait un balayage sur un champion de France qui tombe sur le dos. Il doit gagner, moi je lui donne un gros avantage. Je sais qu’en prenant  cette décision, j’ai eu tort. En plus les deux assistants ne me déjugent pas. Que s’est-il passé dans ma tête ? A partir de là, je me suis intéressé à l’arbitrage.»
Voilà un peu plus d’une décennie que son investissement s’est porté sur cet univers. Et cela est loin d’être terminé !

Laurent Derrien